● 04 novembre 2008 ●
Je me suis résolue à poser un pied devant l'autre, et aussi simple que cela puisse paraître, ça a réglé plusieurs des problèmes qui semblaient m'empêcher d'avancer. Oh bien sûr, j'ai du agripper quelques bras au passage, écarter quelques épaules me barrant la route, et même m'agripper après une crinière pour me frayer un passage ... Mais j'ai finalement réussi.
Avez-vous déjà ressenti un malaise une fois que vous étiez hors d'atteinte de ce qui vous fait peur ? C'est assez étrange comme sensation, la phobie qui se manifeste bien après le moment « opportun », comme si elle avait oublié son rendez-vous mais qu'elle venait quand même bien après l'horaire, histoire de dire qu'elle est toujours là. C'est un peu ça, la première impression que j'ai eu ; on se retourne, et on contemple la foule, l'énorme masse compacte que forment nos problèmes incarnés par tous ces inconnus sans visages. Et l'on se demande comment on a pu rester aussi longtemps au milieu. Le rictus, seule expression des faces dénuées de traits, tombe, et s'évapore, alors que l'on recommence à respirer. On peut enfin se mouvoir, enchaîner nos pas pour aller là où on le veut, aussi loin qu'on le désirera, quitte à botter quelques culs au passage s'il le faut – a présent, c'est possible. Et croyez-moi, je ne compte pas me gêner. Avoir le sourire en repensant à sa journée, au fond, ça n'a pas de prix. D'ailleurs, j'aimerais bien avoir le pied marin ; un pirate avec le mal de mer à chaque fois qu'il y a des hauts et des bas, ça ne le fait pas.
"His voice is pure sex"